KINSHASA, 23 MAI INFOSDIRECT___ :Le député National, élu de Kananga, Claudel André Lubaya n’a pas tardé de réagir face à la vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux dans laquelle, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi encense un agent de la police de son professionnalisme après la repression de la marche de l’opposition du samedi 20 mai dernier.
Pour Claudel Lubaya cette sortie médiatique est une forme d’intimidation et manque d’empathie à l’endroit des victimes.
Cet élu qualifie les encouragements de Tshisekedi à cet officier de la police comme une prime présidentielle à l’impunité et à l’intolérance politique, d’éloges publiques à la violence d’État et à la violation des lois en matière d’exercice des libertés publiques.
« Ce comportement foncièrement répréhensible aurait pu susciter l’indignation des autorités, à la mesure de la gravité des faits, avec la plus grande fermeté. Hélas, les agents de police, présumés coupables de violences, ont eu droit aux félicitations officielles, avec promesse urbi et orbi de promotion en grade de la part du Président de la République et ce, malgré la vague de condamnation suscitée par ces incidents malheureux », écrit Claudel André Lubaya.Et de regretter
« Il s’agit, de la part du Chef de l’État, d’une sortie regrettable de piste, d’un manque d’empathie sincère à l’égard des victimes, d’une intimidation à l’endroit de toute voix dissidente, d’une prime présidentielle à l’impunité et à l’intolérance politique, d’éloges publiques à la violence d’État et à la violation des lois en matière d’exercice des libertés publiques; ce qui confère au Congo, le statut d’un État voyou (État qui viole de manière systématique les droits les plus élémentaires de l’être humain) ».
D’après le président du parti politique UDA originelle, en recourant aux machettes et bâtons, la police a failli à sa mission constitutionnelle (Articles 182 et 183 de la Constitution) et légale (Articles 2, 4, 8 de la Loi organique N° 11/013 du 11 août 2011 portant organisation et fonctionnement de la PNC; Articles 49 et 51 de la Loi N° 13/013 du 1er juin 2013 portant statut du personnel de carrière de la police nationale congolaise).
En outre, il invite le Chef de l’Etat à saisir la portée républicaine de sa charge et lui rappelle qu’il est astreint, du fait de la Constitution, à garantir le respect des droits et des libertés fondamentales.
A ce titre, il lui revient, comme magistrat suprême, de préserver la République et la dignité de la fonction qu’il exerce de toute attitude et de tout propos de nature à exacerber les tensions dans un pays aux équilibres fragiles, a souligné Claudel Lubaya.
Patrice KANT

